HAITI UN AUTRE TREMBLEMENT DE TERRE MEURTRIER :
MISE EN CONTEXTE
Un autre tremblement de terre meurtrier vient de s’abattre sur Haïti. C’est le deuxième en moins d’une douzaine d’’années après celui combien dévastateur de Janvier 2010 qui avait emporté près de 300.000 âmes et causé des dégâts matériels de proportion cataclysmique..
S’il est vrai que le tremblement de terre de 2010 était d’une intensité moindre sur l’échelle de Richter par rapport à celui du 14 Aout dernier qui était de 7.2, il faut dire que le bilan des pertes en vies humaine semble être moins lourd cette fois –ci. Car, Jusqu’’ au moment où nous vous parlons , on n’avait enregistré que quelques deux mille et six cent morts près, et une quinzaine de milliers de blessés. Mais en dépit du bilan moins affreux du récent tremblement de terre, Il n’’en demeure pas moins vrai cependant que l’effet de surprise a été grand lorsqu’ en ce samedi matin , alors que chacun vaquait a ses activités, qui allant vers les marchés locaux, qui siégeant à l’ intérieur d’ une église , officiant une messe ou administrant le sacrement du baptême à des filles angéliquement vêtues , et tenues près de l’autel, on devait faire face à l’implacable furie d’ une nature en révolte contre tout ce qui pouvait se dresser sur son passage. Véritable ironie du sort où les dieux qui qu’ils fussent en ce jour –là, étaient impuissants à sauver leurs croyants des affres de la mort. En effet, si d’un coté les prêtres catholiques abandonnaient les fideles au beau milieu de la messe pour se sauver eux-mêmes de l’imminence du danger, de l’autre, c’’ étaient des vodouisants qui périrent littéralement avec leur mambo, la prêtresse de la cérémonie, sous les décombres d’un péristyle au moment même d’invoquer la protection et la faveur des divinités dans des implorations es et des rituels de toutes sortes.
Sans être dur envers la religion, Cela en disait long du caractère souvent fictif et de la fragilité des concepts dont la religion trop souvent nous ensorcelle. Sauf que le bon chrétien nous dira qu’il y a un temps pour vivre et un temps pour mourir et que Dieu fait pleuvoir et briller le soleil sur tous ses enfants bons ou mauvais…
Ce qu’on a observe dans le grand Sud tout au cours de cette semaine est un spectacle effroyable à plus d’un titre : Des Eglises dont le toit a cédé au cours de la messe ;des cadavres tirés de dessous les décombres ;Des maisons et hôtels détruits un peu partout causant la mort de leurs occupants. ; des éboulements de terrain un peu partout forçant des montagnes à se joindre par leur base et coupant les artères principales par endroits , bloquant ainsi la progression des secours vers les zones affectées ;Des murs fissurés un peu partout à travers les villes ,et qui rappelleront pendant des mois le trauma vécu en ce jour-là ; enfin des gens dormant à la belle étoile ou sous des tentes de fortune rappelant le spectacle hideux des jours et des mois qui ont suivi 2010 :voici en quelque sorte ce qui va constituer le tableau des victimes du dernier tremblement de terre en date. .Et dire que nous sommes en saison cyclonique, c’est un rappel inquiétant du sort que vont connaitre les victimes dans les jours et mois à venir.
A coté du support logistique qu’ils réclament de tout leur vœux, il y a aussi un accompagnement psychologique dont ils auront besoin pour faire face a la présente catastrophe.
Dans les premiers jours et jusqu’à trente jours ou un mois près, ils vont rentrer dans la phase dite de : STRESS AIGU.
Au cours de cette période, ils vont éprouver des sentiments d’impuissance et de délabrement psychique avec de temps à autres des pensées intrusives par rapport au tremblement de terre. Certains vont avoir des sentiments de culpabilité par rapport à la mort d’autre individus péris au cours du tremblement de terre et qu’ils n’avaient pas pu sauver.ils vont même se demander pourquoi ils n’étaient pas morts à la place des autres.
La grande majorité des cas de stress est vite résolue au tour d’un mois et la personne peut reprendre sa vie normale. Ceux qui continuent avec leurs symptômes au delà d’un mois vont rentrer dans la phase dite de STRESS POST TRAUMA.
En général ce sont des gens qui réalisent que s’ils sont encore vivants, ce n’est que par chance. Alors ils sont hypersensibles à tout ce qui rappelle le mauvais souvenir auquel ils étaient en proie.
Ils vont persister dans un état de rêve et retourner sans cesse sur l’événement, expérimentant une sorte de flash back épisodique. Le plus loin possible de l’événement qu’ils seront relocalisés, le mieux que ce sera, pour qu’ils n’aient pas à faire face aux vestiges du trauma au quotidien. Ils auront besoin de se réunir en groupe pour parler de leurs déboires et partager leurs expériences bonnes ou mauvaises entre eux. Il faut prévenir contre tout dénouement rapide et heureux du stress post traumatique .Car c’est un traitement qui va sur le long terme.
Alors qu’un premier groupe de 33% finira par s’en remettre complètement au cours de la première année, il y aura un deuxième groupe de 33% qui prendra entre trois à cinq ans pour se guérir du trauma .Enfin, le dernier groupe devra continuer avec les séquelles du trauma pendant de très longues années. Des soldats émargés de la guerre du Vietnam étaient encore en thérapie 25 ans après le combat
Mais par delà l’effet de surprise dont se trouve entaché le tremblement de terre du 14 Aout, c’’est aussi le nouveau paradigme que le pays devra désormais apprendre à vivre avec. On parlait depuis long temps de la phase septentrionale qui devait se réveiller tôt ou tard et causer des dommages dans le Nord du pays. Le professeur fesseur Jocelyn David ,ING. Géologue de son état, dans une conférence à l’occasion de la commémoration du dixième anniversaire du tremblement de terre de janvier 2010 au centre Gérard Jean-Juste de North Miami, parlait de cette faille qui devrait se mettre ou se remettre en activité et qui s’étendrait depuis ‘Fort liberté jusqu’au Nord-ouest. Cette faille mettrait en péril beaucoup plus de gens et causerait des dégâts encore plus énormes que le plus récent tremblement de terre. Car, depuis le fameux tremblement de terre qui avait ravagé le cap et mis en ruine le palais Sans souci en 1842, cette faille est restée dormante et est capable de déclencher un cataclysme à tout moment sous la pression des énergies accumulées.
.Autant dire que le ‘’dernier’’ tremblement de terre en date est loin d’’ être le dernier à nous atteindre et qu’il faut désormais apprendre à faire et à vivre autrement. Oui il faut faire autrement.Car, un tremblement de terre, aiment à dire l’Ingénieur Preptit et Liliane Pierre- Paul, Ce n’est pas une fatalité, mais un événement naturel auquel il faut savoir se préparer.
On a pris en exemple un tremblement de terre de magnitude 7.8 sur l’échelle de Richter qui se produisit au chili en la même année 2010 lorsqu’il y avait un tremblement de terre qui dévasta la capitale et ses communes avoisinantes. A ce moment –là il y avait à peine une cinquantaine de morts à Santiago du chili car ils étaient mieux préparés pour affronter le désastre. Chez nous, tout se fait au petit bonheur la chance qui passe…Il n’y a aucune observance des règlements et des codes de conduite que nous nous sommes promis de respecter et de faire respecter. L’’ordre semble se complaire beaucoup mieux dans le désordre que dans l’ordre lui- même. La théorie des vitres cassées explique qu’une fois l’ordre est rompu d’un coté, il y a un sentiment de laxisme qui s’en dégage, et chacun pense qu’il peut faire à sa guise. Bien avant le 12 janvier, avec les mauvaises constructions dont des écoles qui s’effondraient un peu partout à Port-au-Prince, on en appelait déjà à une meilleure supervision des constructions publiques qui poussaient partout comme des champignons en terre printanière. Avec le tremblement de terre fatidique du 12 janvier, on commença pendant un court temps à veiller aux constructions anarchiques et à faire respecter les normes parasismiques. Mais cela fut de courte durée et l’on se laissa glisser peu à peu dans les mauvaises habitudes de construire anarchiquement sans en analyser le sol ni le poids que la base allait supporter. Certaines mairies en avaient même fait une pratique juteuse de percevoir une certaine somme à chaque étage additionnelle dont la construction allait être pourvue. A Port –Au-Prince certains sont retournés vivre dans les mêmes vielles bâtisses que l’Etat avait qualifiées d’infréquentables sans qu’ils soient pour le moins intimidés par les autorités étatiques. Beaucoup de gens dans ce pays, citoyens à part entière comme moi d’ailleurs, ne m’en voudront pas de le dire, que nous agissons vis-à-vis de la nation comme des pirates et des flibustiers ; Nous prenons le pays pour un gros butin dont chacun tire sa part le plus rapidement possible sans aucun souci du bien commun. comme quoi, dans chaque malheur qui s’abat sur le pays , il y a toujours un moyen de faire son beurre et d’aller en jouir ailleurs.
On sait comment les milliards offerts ou donnés par la communauté internationale n’avait jamais atteint le vraies victimes à qui ils auraient fait beaucoup de bien .
Des taudis construits à la va-vite au pied du Morne –A-cabris, en allant vers le centre du pays, sont un exemple flagrant du manque de planification et de l’étroitesse d’esprit et vue qui avaient caractérisé les démarches des dirigeants de ces temps –là. Espérons que cette fois –ci les choses pourront se faire tout autrement, et que les victimes du tremblement de terre n’auront pas à attendre trop longuement pour bénéficier du support dont ils ont grandement besoin
Car en dépit des errements du passe il faut continuer d’avoir confiance dans la capacité de nos dirigeants à se ressaisir et à commencer à agir autrement. Sinon, tôt ou tard il va s’observer une certaine fatigue des étrangers et de la diaspora par rapport au pays qui refuse de se relever et de se fortifier.
On ne peut recommencer avec les mêmes erreurs et le même laxisme à chaque fois dans les constructions et s’attendre à des résultats différents. Si l’Etat est le premier garant de la vie de ses concitoyens , il ne peut continuer d’offrir ce spectacle de délabrement et d’irresponsabilité ,et prétendre n’etre point responsable des malheurs qui affligent notre pays. De ceux qui nous gouvernent , nous exigeons une meilleure prise en charge.